Urnos: rite d’un peuple ancien au festival MNM

Je n’ai jamais entendu parler du peuple urnossien, peuple d’il y a 5000 ans. Je pensais qu’il devait y avoir plus d’imagination artistique que de preuves scientifiques à la base du spectacle Urnos, qui dit pourtant s’appuyer sur la recherche.

J’ai eu tort de me méfier: voici mon mea culpa.

1h avant la représentation, je me faufile dans la salle d’exposition où sont exposés des artéfacts urnossiens. Baignant dans une musique atmosphérique et méditative, j’observe les figurines et urnes qu’a laissé derrière lui ce peuple et je spécule sur leurs origines. Premier temps de titillation… Ces Urnossiens existent-ils donc? Je demande un billet pour voir le concert et la conférence.

Un court exposé de Michel Rochon précède le concert: on nous explique l’histoire incroyable de la révélation de ce peuple matriarche pour qui la musique était d’une grande importance dans les rites. Les lumières s’éteignent.

Je veux en savoir plus : je reste pour le spectacle.

Je glisse ensuite dans la mythologie de ce peuple. La narration reste floue: il s’agit d’un rituel entre prêtresse et femme-bélier. Les costumes sont sobres, mais théâtraux, la danseuse-bélier travaille les petits gestes et les poses angulaires primitives. Les musiciens sont acteurs de la cérémonie et leurs instruments semblent fantasmagoriques, mais, nous dit-on, proviennent d’études des figurines d’Urnos. La musique, composée pour ces anciens instruments est inspirée du peuple d’Urnos (à quelle échelle? mystère…) et signée par André Hamel, qui est aussi l’un des concepteurs du spectacle avec Guy Laramée, Martine Beaulne et Claire Gignac.

Pourquoi l’attirance pour ce spectacle? Je suis convaincue que nous avons presque tous un appétit vorace pour les histoires mythologiques et pour les découvertes qui nous font rêver à des peuples qui n’existent plus. Urnos entr’ouvre la porte et nous laisse voir et entendre un peuple dont la mémoire a presque disparu.

Je ne sais toujours pas ce qui était choix artistique et ce qui était véritable recherche scientifique. Sûrement que l’un alimentait l’autre, mais le doute, l’émerveillement et le mystère qui cache les limites du vrai et de l’imaginaire plonge l’auditeur dans ce rite primal.

Oui, les deux parties de mon cerveau sont rassasiées après un tel spectacle: après avoir entendu et vu toutes les preuves scientifiques qui viennent intéresser le côté droit de mon cerveau, le côté gauche prend le dessus en fin de spectacle et je me laisse plonger dans le monde mi-factuel, mi-imaginaire, mais complètement envoûtant du peuple d’Urnos.

 

 

Urnos (Agora de la danse)
22- 23- 24 février 2011
21h

Compositeur: André Hamel
Musiciens: Claire Gignac, Patrick Graham, Élise Guay, Pierre Langevin, Liette Remon
Soprano: Frédérike Bédard
Danseuse: Geviève Martin
Chroniqueur scientifique: Michel Rochon
Facteur d’instrument: Nicolas Gerardin
Anthropologue: Bernard Arcand

Produit par La Nef, MNM et Espaces Sonores Illimités

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